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Probiotiques chez l’enfant : ce qu’il faut savoir

Probiotiques chez l'enfant : comment se forme sa flore intestinale, ce que dit la science, à partir de quel âge et les précautions à connaître.

9 septembre 2022 • 10  min de lecture
L'équipe Granions
L'équipe Granions Contenus rédigés par l'équipe Granions, validés par nos experts R&D, pharmaciens et réglementaires.

Les probiotiques chez l'enfant suscitent beaucoup de questions chez les parents. À quel âge ? Pour quoi faire ? Est-ce sans risque ? La réponse tient d'abord à la façon dont se construit la flore intestinale de l'enfant, de la naissance jusqu'à l'âge de 3 ans environ.

Voici ce que sont réellement les probiotiques, comment évolue le microbiote du bébé, ce que dit la science aujourd'hui et les précautions à connaître avant de choisir un complément de probiotiques. Une règle guide tout l'article : chez l'enfant, l'avis du pédiatre passe en premier.

Qu'est-ce que les probiotiques ?

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, le plus souvent des bactéries et parfois des levures. La définition internationale de référence, issue de la FAO et de l'OMS, les décrit comme des micro-organismes vivants qui, administrés en quantité adéquate, produisent un bénéfice pour la santé de l'hôte (Hill et al., Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, 2014).

Cette définition scientifique ne vaut pas allégation. En Europe, aucune allégation de santé n'est autorisée pour les probiotiques. On ne peut donc pas promettre un effet précis à un complément qui en contient.

Les genres les plus étudiés sont les lactobacilles et les bifidobactéries. On en trouve naturellement dans certains aliments fermentés, comme le yaourt ou le kéfir.

Un point souvent mal compris : les probiotiques ne s'installent pas durablement dans l'intestin. Ils y transitent. Pour être présents, ils doivent donc être consommés régulièrement. Et contrairement à une idée répandue, les probiotiques n'apportent pas de virus : ce sont des bactéries ou des levures.

Flore intestinale des bébés et enfants

La flore intestinale, ou microbiote intestinal, regroupe les micro-organismes qui vivent dans le tube digestif : bactéries, levures, virus et autres. Chez l'adulte, on recense environ un millier d'espèces bactériennes, dont environ 160 en moyenne chez une même personne (Inserm, dossier Microbiote intestinal).

Cette flore participe à la digestion. Elle fermente notamment les fibres que nos enzymes ne savent pas découper. Chez l'enfant, elle se construit progressivement, en plusieurs étapes.

Première colonisation

L'idée d'une colonisation dès la vie fœtale reste débattue. Une analyse critique conclut que les données actuelles ne permettent pas d'affirmer que le fœtus héberge un microbiote (Perez-Muñoz et al., Microbiome, 2017).

En revanche, un consensus existe sur le rôle de la naissance. Lors d'un accouchement par voie basse, le nouveau-né reçoit des micro-organismes de la flore vaginale et intestinale de sa mère. Après une césarienne, sa flore ressemble davantage à celle de la peau et de l'environnement.

Ces différences sont surtout marquées les premiers mois. Elles s'atténuent ensuite avec l'alimentation (Bäckhed et al., Cell Host & Microbe, 2015).

Un microbiote quasi définitif vers 3 ans

La flore du nourrisson est encore immature. Elle évolue très vite au cours de la première année, puis se stabilise progressivement.

La grande étude TEDDY a suivi le microbiote de plus de 900 enfants grâce à plus de 12 000 échantillons de selles. Elle décrit trois phases : une phase de développement jusqu'à 14 mois, une phase de transition jusqu'à 30 mois, puis une phase stable à partir de 31 mois environ (Stewart et al., Nature, 2018).

La diversification alimentaire marque un tournant. L'arrivée des fibres et de nouveaux aliments enrichit la flore et la rapproche de celle de l'adulte.

Autres facteurs clés pour un développement normal du microbiote

D'autres facteurs façonnent la flore de l'enfant :

  • l'allaitement : le lait maternel contient des sucres spécifiques, les oligosaccharides, qui nourrissent certaines bifidobactéries (Bäckhed et al., Cell Host & Microbe, 2015) ;
  • l'arrêt de l'allaitement, qui accélère la maturation de la flore (Stewart et al., Nature, 2018) ;
  • la présence de frères et sœurs, d'animaux et la vie en collectivité (crèche, école) ;
  • le contact avec la nature et les environnements extérieurs ;
  • la prise d'antibiotiques prescrits par le médecin, qui modifie temporairement la composition de la flore.

Le levier le plus accessible reste l'alimentation. Une assiette variée, riche en fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes, apporte les fibres dont la flore se nourrit. Si votre enfant a un transit paresseux, lisez nos conseils sur la constipation chez l'enfant.

Pourquoi donner des probiotiques à mon enfant ?

La réponse courte : un enfant en bonne santé, qui mange de façon variée, n'a pas besoin systématiquement de probiotiques. Un complément peut être envisagé dans certaines situations, mais toujours après un échange avec le pédiatre.

Ce que l'on sait aujourd'hui

La recherche sur les probiotiques chez l'enfant est très active. Mais elle a une particularité : chaque résultat est propre à une souche, à une dose et à une situation précise. Un résultat obtenu avec une souche ne peut pas être étendu à une autre, ni à un produit qui en contient plusieurs.

Les parents envisagent souvent les probiotiques lors de périodes de changement : voyage, changement d'alimentation, entrée en collectivité. Ce choix est personnel. Il doit rester un complément à une alimentation équilibrée, jamais un substitut.

Avant tout, l'avis du pédiatre

Chez l'enfant, un trouble digestif doit d'abord être compris. Diarrhée, vomissements, douleurs de ventre ou régurgitations fréquentes justifient un avis médical, surtout chez le nourrisson.

Consultez sans attendre en cas de fièvre, de sang dans les selles, de refus de boire, de perte de poids ou de signes de déshydratation (bouche sèche, couches sèches, somnolence inhabituelle). Un complément alimentaire ne remplace jamais une consultation.

Quels probiotiques pour mon enfant ?

Si vous envisagez un complément avec votre pédiatre, quelques critères permettent de comparer les produits. L'âge minimum indiqué par le fabricant est le premier d'entre eux.

Critère Ce qu'il faut vérifier
Âge minimum L'âge à partir duquel le produit est conseillé, et la dose prévue pour chaque tranche d'âge
Forme galénique Gélule, poudre, gouttes : une gélule suppose que l'enfant sache avaler sans risque de fausse route
Souches identifiées Le genre, l'espèce et la référence de chaque souche sont indiqués sur l'étiquette
Quantité Le nombre de micro-organismes, exprimé en UFC (unités formant colonie) par dose journalière
Composition Les autres ingrédients, les allergènes éventuels et les conditions de conservation

Les souches les plus fréquentes dans les compléments sont des lactobacilles (Lactobacillus rhamnosus, L. gasseri, L. reuteri…) et des bifidobactéries (Bifidobacterium lactis, B. breve…). Leur nom renseigne sur leur identité, pas sur un effet garanti.

Avant 6 ans, aucun produit de la gamme Granions n'est adapté : demandez conseil à votre pédiatre ou à votre pharmacien. À partir de 6 ans, le complément Probiotiques Flore Intestinale peut être utilisé selon la posologie indiquée : 1 gélule par jour de 6 à 12 ans, 2 gélules par jour dès 12 ans.

Il associe 40 milliards d'UFC issus de 11 souches, des fructo-oligosaccharides et un extrait de mauve. Il apporte aussi des vitamines B2 et B3, qui contribuent au maintien de muqueuses normales. Les autres références de la gamme ont leurs propres âges minimums, à vérifier sur chaque fiche.

Est-ce dangereux de donner des probiotiques à mon enfant ?

Chez l'enfant en bonne santé, les probiotiques sont généralement bien tolérés. Ce n'est pas pour autant un produit anodin : ce sont des micro-organismes vivants.

Les effets indésirables les plus courants sont digestifs et passagers : gaz, ballonnements, inconfort les premiers jours. Ils s'expliquent par la fermentation dans l'intestin. S'ils persistent, arrêtez le complément et parlez-en à votre médecin.

Certaines situations imposent un avis médical préalable :

  • les bébés prématurés ou de faible poids de naissance ;
  • les enfants dont les défenses immunitaires sont affaiblies ;
  • les enfants hospitalisés ou porteurs d'un cathéter ;
  • les enfants qui suivent une prescription médicale au long cours.

Respectez toujours l'âge minimum et la dose indiqués sur l'emballage. Tenez les compléments hors de portée des enfants. Et rappelez-vous qu'un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée, ni un mode de vie sain : sommeil, activité physique, repas réguliers. Sur ce point, consultez notre article sur le sommeil de l'enfant.

Conclusion : un choix à partager avec le pédiatre

La flore intestinale de l'enfant se construit pendant ses trois premières années. La naissance, l'allaitement, la diversification alimentaire et son environnement en sont les principaux artisans.

Les probiotiques ne sont pas indispensables à un enfant en bonne santé. Si vous envisagez un complément, faites-le avec votre pédiatre, en respectant l'âge minimum du produit. Pour comparer les compositions et les âges conseillés, découvrez notre gamme de probiotiques. Pour aller plus loin chez l'adulte, lisez notre article sur les probiotiques et la flore intestinale.

FAQ – Questions fréquentes sur les probiotiques chez l'enfant

Cela dépend du produit. Chaque complément indique un âge minimum et une dose par tranche d'âge. Chez Granions, Probiotiques Flore Intestinale est conseillé à partir de 6 ans. Avant cet âge, et pour tout nourrisson, demandez l'avis de votre pédiatre ou de votre pharmacien.

Chez le nourrisson, la flore intestinale se construit grâce à la naissance, à l'allaitement puis à la diversification alimentaire. Tout complément doit être discuté avec le pédiatre, en particulier chez le bébé prématuré. Les gélules ne conviennent pas aux jeunes enfants qui ne savent pas avaler.

Les yaourts, le lait fermenté, le kéfir et certains fromages contiennent des micro-organismes vivants. La choucroute crue et les légumes lacto-fermentés aussi. Pour l'enfant, introduisez-les selon son âge et sa tolérance, dans le cadre d'une alimentation variée et riche en fibres.

Non. Chez l'enfant, une diarrhée expose rapidement à la déshydratation. Proposez à boire souvent, si besoin avec un soluté de réhydratation orale, et consultez rapidement. C'est indispensable avant 6 mois, en cas de fièvre, de vomissements, de sang dans les selles ou de refus de boire.

Suivez la durée indiquée sur l'emballage ou celle conseillée par votre pédiatre ou votre pharmacien. Les probiotiques ne s'installent pas durablement dans l'intestin : leurs micro-organismes transitent. Une prise prolongée sans avis professionnel n'est pas recommandée chez l'enfant.

Sources
Hill C et al. Expert consensus document: the International Scientific Association for Probiotics and Prebiotics consensus statement on the scope and appropriate use of the term probiotic. Nat Rev Gastroenterol Hepatol, 2014 (PubMed)
Stewart CJ et al. Temporal development of the gut microbiome in early childhood from the TEDDY study. Nature, 2018 (PubMed)
Bäckhed F et al. Dynamics and stabilization of the human gut microbiome during the first year of life. Cell Host & Microbe, 2015 (PubMed)
Perez-Muñoz ME et al. A critical assessment of the "sterile womb" and "in utero colonization" hypotheses. Microbiome, 2017 (PMC)
Microbiote intestinal (flore intestinale) (Inserm)
Règlement (UE) n° 432/2012 : liste des allégations de santé autorisées (EUR-Lex)
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