Les fonctions du fer dans l’organisme sont aussi nombreuses qu’essentielles : transport de l’oxygène, myoglobine, activations enzymatiques… Autrement dit, mieux vaut ne pas être en manque de fer pour rester en forme et en bonne santé. Sauf que les situations à risque de carence en fer sont fréquentes, surtout chez les femmes, pouvant entrainer une fatigue durable et inexpliquée : régime végétarien, règles abondantes, grossesse, activité physique intense, consommation élevée de thé, troubles gastro-intestinaux…
À quoi sert le fer ?
A l’hémoglobine
Le fer est un oligoélément qui entre dans la composition de l’hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges qui transporte l’oxygène. Ainsi, sans fer pas d’hémoglobine et sans hémoglobine, le sang ne fournit plus suffisamment d’oxygène aux différents organes du corps, c’est l’anémie, maladie témoignant d’une mauvaise oxygénation du sang.
Au début, l’anémie par carence en fer (on parle aussi d’anémie ferriprive) est silencieuse, puis s’annonce par une pâleur, une fatigue inhabituelle, un essoufflement à l’effort, des maux de tête, des étourdissements, des palpitations, une baisse des performances intellectuelles, etc. S’y ajoutent d’autres signes caractéristiques du manque de fer, comme une peau et des cheveux secs, des ongles cassants, des frissons, une sensibilité accrue aux infections…
Mais également à myoglobine
Outre son rôle fondamental dans la constitution de l’hémoglobine, le fer contribue à la formation de la myoglobine (équivalent de l’hémoglobine pour le stockage de l’oxygène dans les muscles) et de nombreux enzymes indispensables au fonctionnement de l’organisme (1). Le fer intervient ainsi notamment dans la digestion, l’absorption des nutriments et le maintien des équilibres hormonaux, d’où la grande diversité des signes pouvant évoquer une carence en fer.
Quelles sont les causes d’un manque de fer ?
Une alimentation qui manque de fer
La première cause de carence en fer est une alimentation trop pauvre en fer. Une des sources les plus importantes étant représentée par la viande rouge et les abats, les personnes concernées sont généralement des femmes : adeptes du régime végétarien ou qui par goût ne mangent pas d’abats ou de viande rouge.
Règles et autres saignements
Les saignements, comme les règles qui surviennent chaque mois (là encore ce sont des femmes) et les hémorragies invisibles (hémorragies internes nécessitant une recherche de sang dans les selles et les urines : prise d’anticoagulants ou d’antiplaquettaires, ulcères, polypes) contribuent également à un manque de fer.
Grossesse
C’est aussi le cas de la grossesse, car la mère fournit le fer nécessaire au fœtus (une carence en fer pendant la grossesse augmente aussi le risque de naissance prématurée et peut affecter le poids du nourrisson à la naissance).
Enfin, une activité physique très intense (le catabolisme musculaire contribue à diminuer les stocks de fer), une absorption réduite du fer à cause de troubles gastro-intestinaux (maladie cœliaque par exemple) ou certaines habitudes alimentaires, comme les grandes buveuses de thé par exemple (le thé et le café consommés au cours des repas réduisent d’absorption du fer présent des aliments), peuvent renforcer une carence.
Comment savoir si j’ai une carence en fer ?
Outre le repérage de symptômes liés à la carence en fer, votre médecin vous proposera de faire une prise de sang, suivie d’une « numération formule sanguine (NFS) » (ou hémogramme) et d’un dosage de l’hémoglobine (2). Ce dernier dosage peut confirmer une anémie, tandis que le dosage de la ferritine (notre stock de fer) va confirmer que l’anémie est bien liée à une carence en fer (3). Une fois le diagnostic établi, il faut s’efforcer d’en rechercher la cause afin de rétablir la situation.
Besoin en fer des femmes
- Entre 13 et 19 ans : 14 mg/j.
- Hommes adultes : 9 mg/j.
- Femmes adultes : 16 mg/j (soit quasiment deux fois plus que les hommes en raison des pertes de sang mensuelles : la quantité de sang perdue pendant les règles (20-50 ml) représente 8 à 20 mg de fer).
- Femmes ménopausées : 16 mg/j (à l’arrêt des règles, le besoin en fer rejoint celui des hommes, soit 9 mg/j).
- Grossesse : 25 à 35 mg/j (pour constituer le stock de fer du fœtus).
- Allaitement : 10 mg/j (pour continuer à fournir le bébé en fer).
Apports Nutritionnels Conseillés (ANC)
Sources :
(1) Soppi E.T., Iron deficiency without anemia – a clinical challenge, Clin Case Rep, 2018 Apr 17; 6(6): 1082-6.
(2) Ameli.fr, Les symptômes et le diagnostic de l’anémie par carence en fer, 27 juillet 2018.
(3) Haute autorité de santé (HAS), Choix des examens du métabolisme du fer en cas de suspicion de carence en fer, mars 2011.


