La dermatite séborrhéique (DS) est une atteinte dermatologique des zones riches en glandes sébacées. Elle est particulièrement visible au niveau du visage et du cuir chevelu altérant considérablement la qualité de vie des patients. On retrouve cette atteinte surtout chez l’adulte de 18 à 40 ans avec une tendance plus importante chez l’homme mais aussi chez le nourrisson. La DS évolue par poussées et le déclenchement des symptômes est soumis à l’influence de facteurs environnementaux d’une grande variabilité.
Pour ces raisons la détection, la prévision et la prise en charge des sujets touchés est extrêmement complexe. Il est essentiel de consulter un spécialiste.
La dermatite, qu’est-ce que c’est ?
Définition
La dermatite séborrhéique ou dermite séborrhéique est une maladie de peau inflammatoire et chronique qui évolue par poussées. L’atteinte touche les zones riches en glandes sébacées et se caractérise par la présence de plaques érythémateuses (apparition d’un érythème que l’on définit comme une lésion de la peau d’aspect rouge sous l’effet d’une vasodilatation circulatoire sous-jacente et en plaque pour illustrer l’étendue des lésions) de couleurs rouge, plaques rouges recouvertes de squames grasses et jaunâtres.
Causes
Si l’étiologie (origine de la maladie, étude des causes) reste mal définie, il est constaté une implication des levures de type Malassezia furfur, présentes sur la surface de la peau mais dont la prolifération serait à l’origine d’une réaction inflammatoire. Cette réaction spécifique proliférative se traduit par l’apparition d’un érythème associé à un renouvellement cellulaire accéléré, caractérisé par une desquamation inhabituelle, c’est-à-dire par l’élimination des couches superficielles de l’épiderme sous forme de petites lamelles plutôt blanches.
Les avancées étiologiques suggèrent une prédisposition génétique des levures à l’origine des dermatoses. Est également suggérée la production d’une lipase (enzyme capable de scinder, d’hydrolyser les triglycérides en plusieurs molécules) qui serait responsable de la transformation des triglycérides du sébum en acide gras libre à l’origine de l’inflammation.
2% de la population serait touchée, avec une prévalence plus importante chez les patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), ou les patients atteints de la maladie de parkinson.
Quels sont les symptômes d’une dermatite séborrhéique ?
Les symptômes vont marquer les zones séborrhéiques et vont prendre des formes différentes selon les zones affectées. De façon générale, on retrouvera l’apparition de plaques érythémateuses recouvertes de squames grasses de couleur blanchâtre voire jaunâtre.
- L’atteinte du cuir chevelu. On constate l’apparition d’un érythème associé à une desquamation diffuse, sèche ou grasse laissant apparaître de nombreuses pellicules sur la tête et pouvant recouvrir des touffes entières de cheveux. A ce stade, le cuir chevelu devient rouge clair, très sensible et associé selon les cas à un prurit. Les zones les plus touchées sont les tempes, le sommet du crâne, pouvant s’étendre aux contours du front, de la base du cou ainsi que l’arrière des oreilles. Chez le nourrisson, on parle de croûtes de lait.
- Au niveau du visage, est constaté une atteinte des sillons des ailes du nez, des sillons nasogéniens des sourcils et des paupières. Une atteinte des cils peut être associée à une conjonctivite et une blépharite.
- Au niveau du tronc les dermatoses peuvent survenir au niveau de l’intersection intra mammaire ou du sternum, prenant l’aspect de médaillons de couleur jaunâtres ou orangés.
- Plus rarement, une atteinte peut être constatée au niveau des plis génitaux
Qu’est-ce qui provoque la dermite séborrhéique ?
A l’origine de la maladie, une multitude de facteurs tels que :
- Le recours aux cosmétiques gras (huile solaire) ou à base d’alcool
- Une hygiène corporelle insuffisante
- L’abus prolongé d’alcool
- L’exposition à l’humidité ou la chaleur
- L’hypersudation
- Le stress, la fatigue, le surmenage
- Le surpoids et l’obésité
- La grossesse
- L’immunodépression (VIH)
- La maladie de Parkinson
- La prise de certains neuroleptiques
- Un cancer des voies digestives supérieures
La dermatite séborrhéique sur le cuir chevelu

La dermatite séborrhéique se manifeste par des atteintes du cuir chevelu dans 95 % des cas, et principalement par une atteinte en premier lieu du sommet du crâne et des tempes. Les lésions vont migrer à des stades plus sévères vers les contours du front, des bases du cou ainsi que l’arrière des oreilles. Si les plaques érythémateuses sont masquées par les cheveux, la desquamation caractéristique de la maladie est très visible. Apparaissent de nombreuses pellicules blanches ou jaunâtres épaisses et grasses.
Ces symptômes sont à l’origine d’une sensibilité exacerbée, d’irritations et de démangeaisons transitoires du cuir chevelu.
La dermatite séborrhéique sur le visage
Le visage est également l’un des sites de la maladie, affectant la qualité de vie de personnes atteintes. Sont touchés principalement les sillons des ailes du nez, les plis nasogéniens, les plis de la lèvre inférieure, la moustache et la barbe pour les hommes, les sourcils et les cils.
Quel est le meilleur traitement pour la dermite séborrhéique ?
L’objectif d’un traitement de dermite séborrhéique est de :
- Limiter la prolifération des levures grâce à l’action des antifongiques (Kétoconazole) sous forme de gel ou de crème (la ciclopiroxolamine en crème ou shampoing).
- Réduire l’inflammation grâce à l’action des dermocorticoïdes. Le recours aux dermocorticoïdes est recommandé en traitement d’attaque sur de courtes durées, l’objectif étant de réduire les effets de l’inflammation tout en évitant les effets indésirables et effets rebonds liés aux utilisations prolongées.
- Le gluconate de lithium est recommandé en traitement d’appoint pour son action anti inflammatoire reconnue.
- Les shampoings à base de pyrithione de zinc, de piroctone olamine, de sulfure de sélénium ou d’acide salicylique sont utiles pour réduire les symptômes liés au cuir chevelu.
Doivent être associés aux traitements des mesures d’hygiène visant à réduire l’excès de sébum par l’utilisation de savons surgras ou de gels nettoyants moussants.
Le retentissement de la dermatite séborrhéique sur la qualité de vie peut impacter fortement les personnes touchées par la maladie. L’atteinte du cuir chevelu, le caractère affichant des lésions, la variabilité des poussées ainsi que le risque important de récidive sont autant de raisons poussant les patients à consulter et entrevoir des solutions. Bon nombre d’entre eux ont d’ailleurs essayé de multiples topiques dans l’espoir de se débarrasser de leurs dermatoses.
L’approche éducative convient d’avertir le patient de l’aspect chronique de la maladie, de l’implication prolifératif des levures de type Malassezia furfur, mais aussi d’adapter les traitements en fonction des poussées et des épisodes de rémission. Si des conseils en matière d’hygiène sont indispensables pour limiter les agressions de la peau (shampoing, savon surgras, gel moussant…) l’abord des différents traitements prendra toute sa place pour que le patient cesse de vivre sa situation comme une répétition d’échecs thérapeutiques.
Sources :
– Seborrheic dermatitis: Etiology, risk factors, and treatments:: Facts and controversies | Clio Dessinioti MD, Andreas Katsambas MD
– Dermite séborrhéique : manifestations cliniques et prise en charge | Sébastien Menzinger