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L’infection urinaire chez l’homme : tout ce qu’il faut savoir

Découvrez les causes, symptômes et traitements de l’infection urinaire chez l’homme. Moins fréquente mais plus complexe à traiter.

12 août 2025 11  min de lecture

Chez l'homme, l'infection urinaire reste moins fréquente que chez la femme. Pourtant, elle est souvent plus complexe, notamment à cause de l'anatomie masculine et du risque plus élevé de complications lié au rôle de la prostate.

Comprendre l'infection urinaire chez l'homme

Infection urinaire et appareil urinaire masculin

Comme chez la femme, l'infection urinaire masculine survient lorsque des bactéries pénètrent et prolifèrent dans l'appareil urinaire, constitué des reins, des uretères, de la vessie et de l'urètre.

Les reins ont pour fonction de filtrer et d'épurer les déchets toxiques du sang grâce à la sécrétion d'urine. Cette dernière est ensuite acheminée vers la vessie via les uretères, canaux reliant les reins à la vessie. Une fois dans la vessie, l'urine est stockée jusqu'à être évacuée du corps en empruntant l'urètre.

Chez l'homme, l'urètre est beaucoup plus long que chez la femme, offrant ainsi une protection naturelle contre la remontée des bactéries vers la vessie. L'atteinte de la vessie chez l'homme est donc très rare. Contrairement à la femme, l'infection urinaire chez l'homme est liée à une autre caractéristique anatomique qui lui est propre : la proximité de la prostate avec l'appareil urinaire.

La prostate est une glande de l'appareil reproducteur masculin, située sous la vessie et en avant du rectum, qui entoure le canal de l'urètre. Dans certains cas, cette glande peut grossir et gêner l'évacuation de l'urine, favorisant ainsi sa stagnation dans la vessie et augmentant la probabilité de l'infection.

L'hypertrophie ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est une tumeur bénigne induisant une augmentation de volume de la prostate. Dans ce cas, la prostate devient plus grande et exerce plus de pression sur l'urètre et la vessie, interférant ainsi avec l'écoulement normal de l'urine.

Cette structure anatomique rend donc les infections urinaires plus rares chez l'homme mais également plus dangereuses et plus difficiles à détecter et éliminer. Toute infection urinaire masculine doit donc être explorée soigneusement, car elle est souvent secondaire à une cause sous-jacente, comme une hypertrophie bénigne de la prostate.

Types d'infections urinaires chez l'homme

Il existe plusieurs types d'infections urinaires masculines :

  • La cystite : inflammation de la vessie relativement rare chez l'homme. Elle est souvent provoquée par une obstruction urinaire liée à l'HBP.
  • L'urétrite : infection de l'urètre. Elle touche particulièrement les hommes jeunes et est fréquemment associée à une infection sexuellement transmissible comme la gonorrhée ou la chlamydia.
  • La prostatite : la prostatite correspond à une inflammation de la prostate, souvent liée à une infection bactérienne. Le diagnostic nécessite généralement un toucher rectal et une analyse approfondie des urines.

Chez l'homme de plus de 60 ans, les infections urinaires sont presque toujours des prostatites. Chez l'homme jeune, les infections urinaires sont très rares et seront généralement dues à une IST, sous forme d'urétrite.

Symptômes d'une infection urinaire chez l'homme

Les symptômes typiques incluent :

  • Brûlures ou douleurs lors de la miction
  • Besoin fréquent et urgent d'uriner
  • Difficultés à uriner malgré l'envie pressante
  • Urine trouble, parfois malodorante
  • Douleurs dans le bas ventre

En plus de ces symptômes, en cas d'urétrite, on retrouvera également un écoulement abondant et purulent (jaunâtre ou blanchâtre). Dans le cas d'une prostatite, on retrouvera également de la fièvre, des frissons ou un syndrome pseudo-grippal.

En cas de fièvre supérieure à 38,5 °C, de douleurs lombaires unilatérales (risque d'atteinte du rein), de présence de sang dans les urines, ou d'impossibilité à uriner, il est nécessaire de consulter un médecin en urgence.

Causes et facteurs de risque

Origines bactériennes

Escherichia coli est la bactérie la plus fréquemment impliquée dans les infections urinaires masculines. Présente naturellement dans l'intestin, elle peut migrer vers l'appareil urinaire en cas d'hygiène insuffisante, après des rapports sexuels non protégés ou à la suite de gestes médicaux invasifs tels qu'un sondage urinaire. Le microbiote urinaire joue ici un rôle essentiel : tout déséquilibre favorise la prolifération bactérienne.

Causes anatomiques et physiologiques

L'obstruction de l'écoulement urinaire est un facteur majeur. Certaines conditions anatomiques ou physiologiques prédisposent l'homme aux infections urinaires en empêchant une vidange efficace de la vessie, ce qui favorise la stagnation des urines et donc l'infection.

L'hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente après 50 ans, comprime l'urètre et provoque une vidange incomplète de la vessie. Cette stagnation urinaire constitue un environnement idéal pour la prolifération bactérienne.

Le rétrécissement de l'urètre, ou sténose urétrale, ainsi que la présence de calculs urinaires peuvent aussi favoriser ces infections en ralentissant ou en bloquant l'écoulement de l'urine.

Comportements et facteurs de risque

Plusieurs comportements et conditions de santé augmentent le risque d'infections urinaires chez l'homme :

  • Mauvaise hydratation : ne pas boire suffisamment réduit le volume d'urine produit, limitant son effet de nettoyant naturel des voies urinaires.
  • Rapports sexuels non protégés : augmentent le risque de transmission d'infections sexuellement transmissibles (IST) pouvant causer des urétrites.
  • Mauvaise hygiène intime : favorise la migration bactérienne depuis les zones anales vers l'urètre.
  • Diabète : perturbe la fonction immunitaire et augmente la concentration de glucose dans l'urine, favorisant la croissance bactérienne.
  • Utilisation prolongée de sondes urinaires : introduit directement des bactéries dans la vessie, augmentant significativement le risque d'infection.

Diagnostic et examens médicaux

Examen clinique et interrogatoire médical

Lors d'une consultation, le médecin réalise un interrogatoire détaillé (antécédents, contexte d'apparition, symptômes urinaires) pour confirmer l'infection urinaire.

L'analyse d'urine ou ECBU (examen cytobactériologique des urines) est ensuite indispensable pour identifier la bactérie responsable et orienter le traitement antibiotique.

Dans le cas où la cause suspectée est l'HBP, l'interrogatoire peut être suivi d'un examen clinique incluant un toucher rectal pour évaluer la taille et la sensibilité de la prostate.

En cas de récidive ou d'infection sévère, des examens supplémentaires peuvent être nécessaires pour identifier précisément les causes sous-jacentes :

  • Échographie prostatique pour évaluer l'état de la prostate
  • Scanner abdomino-pelvien si l'infection ne régresse pas
  • Débitmétrie urinaire pour étudier l'efficacité de la miction

Prise en charge des infections urinaires masculines

La prise en charge antibiotique repose sur les résultats de l'ECBU. On prescrit souvent des fluoroquinolones ou des céphalosporines pour une durée adaptée (souvent 7 à 14 jours selon la localisation). Il est essentiel de respecter la durée de la prise en charge, même si les symptômes disparaissent rapidement.

En cas de prostatite, il faudra compter 3 à 4 semaines pour s'assurer d'un résultat efficace, car les antibiotiques ont du mal à atteindre la prostate.

Il est possible que l'antibiotique seul ne suffise pas. Si l'origine de l'infection est liée à une HBP ou à un rétrécissement urétral, il faut envisager une prise en charge urologique. Cela permet de prévenir les récidives et d'améliorer la qualité de vie.

En prévention ou en complément, certains produits naturels, validés cliniquement, peuvent être envisagés : D-mannose, extraits de canneberge, probiotiques ciblés, peuvent agir sur l'infection et participer à rétablir le microbiote urinaire. D'autres actifs peuvent être utilisés pour agir directement sur la prostate : saw palmetto (palmier nain), ortie, pépins de courge… sont reconnus scientifiquement pour leur capacité à aider à réduire les symptômes liés à l'hypertrophie bénigne de la prostate (envies fréquentes d'uriner).

Prévention des récidives et hygiène de vie

Adopter une bonne hygiène urinaire réduit significativement les risques : boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour, uriner après chaque rapport sexuel, maintenir une hygiène intime quotidienne sans excès et ne pas se retenir trop longtemps d'uriner permettent de limiter la prolifération des bactéries et la stagnation de l'urine.

Un suivi médical régulier est également essentiel pour les profils à risque (+50 ans, maladies chroniques), avec notamment des analyses urinaires de contrôle (ECBU) et des bilans approfondis en cas de récidives fréquentes.

Cas particuliers

Chez les personnes âgées, les symptômes sont parfois discrets : confusion, chutes, fatigue inexpliquée. Les porteurs de sonde urinaire ont un risque accru d'infection chronique. Un suivi urologique personnalisé est alors indispensable.

FAQ – Questions fréquentes sur les infections urinaires chez l'homme

Non. Chez l'homme, elle nécessite toujours une prise en charge médicale pour éviter les complications.

Certaines urétrites, notamment d'origine sexuelle, le sont. La cystite ne l'est pas.

Entre 7 et 14 jours, selon le type d'infection et les résultats de l'ECBU.

Oui, si la cause initiale n'est pas prise en charge.

Oui, un ECBU de contrôle est souvent recommandé pour confirmer la résolution de l'infection.

La prostate est souvent impliquée. Elle peut être infectée ou obstruer l'écoulement urinaire.

Sources
Infection urinaire chez l'homme (Santé.fr)
Infection urinaire de l'homme : comment la diagnostiquer et la traiter ? (2024) (Qare)
Cystite (infection urinaire) : symptômes et causes (13 mai 2025) (Ameli.fr)
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Publié dans : Confort urinaire
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