Chez l’homme, l’infection urinaire reste moins fréquente que chez la femme. Pourtant, elle est souvent plus complexe, notamment à cause de l’anatomie masculine et du risque plus élevé de complications lié au rôle de la prostate.
Comprendre l’infection urinaire chez l’homme
Infection urinaire et appareil urinaire masculin
Comme chez la femme, l’infection urinaire masculine survient lorsque des bactéries pénètrent et prolifèrent dans l’appareil urinaire, constitué des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre.
Les reins ont pour fonction de filtrer et épurer les déchets toxiques du sang grâce à la sécrétion d’urine. Cette dernière est ensuite acheminée vers la vessie via les uretères, canaux reliant les reins à la vessie. Une fois dans la vessie, l’urine est stockée jusqu’à être évacuée du corps en empruntant l’urètre.
Chez l’homme, l’urètre est beaucoup plus long que chez la femme, offrant ainsi une protection naturelle contre la remontée des bactéries vers la vessie. L’atteinte de la vessie chez l’homme est donc très rare. Contrairement à la femme, l’infection urinaire chez l’homme est liée à une autre caractéristique anatomique qui lui est propre : la proximité de la prostate avec l’appareil urinaire.
La prostate est une glande de l’appareil reproducteur masculin, située sous la vessie et en avant du rectum, qui entoure le canal de l’urètre. Dans certains cas, cette glande peut grossir et gêner l’évacuation de l’urine, favorisant ainsi sa stagnation dans la vessie et augmentant la probabilité de l’infection.

Cette structure anatomique rend donc les infections urinaires plus rares chez l’homme mais également plus dangereuses et plus difficiles à détecter et éliminer. Toute infection urinaire masculine doit donc être explorée soigneusement, car elle est souvent secondaire à une cause sous-jacente, comme une hypertrophie bénigne de la prostate.
L’hypertrophie ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) est une tumeur bénigne induisant une augmentation de volume de la prostate. Dans ce cas, la prostate devient plus grande et exerce plus de pression sur l’urètre et la vessie, interférant ainsi avec l’écoulement normal de l’urine.
Types d’infections urinaires chez l’homme
Il existe plusieurs types d’infections urinaires masculines :
- La cystite : inflammation de la vessie relativement rare chez l’homme. Elle est souvent provoquée par une obstruction urinaire liée à l’HBP.
- L’urétrite : infection de l’urètre. Elle touche particulièrement les hommes jeunes et est fréquemment associée à une infection sexuellement transmissible comme la gonorrhée ou la chlamydia.
- La prostatite : la prostatite correspond à une inflammation de la prostate, souvent liée à une infection bactérienne. Le diagnostic nécessite généralement un toucher rectal et une analyse approfondie des urines.
Chez l’homme de plus de 60 ans, les infections urinaires sont presque toujours des prostatites. Chez l’homme jeune, les infections urinaires sont très rares et seront généralement dues à une IST, sous forme d’urétrite.
Symptômes d’une infection urinaire chez l’homme la science ?
Les symptômes typiques incluent :
- Brûlures ou douleurs lors de la miction
- Besoin fréquent et urgent d’uriner
- Difficultés à uriner malgré l’envie pressante
- Urine trouble, parfois malodorante
- Douleurs dans le bas ventre.
En plus de ces symptômes, en cas d’urétrite, on retrouvera également un écoulement abondant et purulent (jaunâtre ou blanchâtre). Dans le cas d’une prostatite, on retrouvera également de la fièvre, des frissons ou un syndrome pseudo-grippal.
En cas de fièvre supérieure à 38,5°C, des douleurs lombaires unilatérales (risque d’atteinte du rein), présence de sang dans les urines, ou impossibilité à uriner, il est nécessaire de consulter un médecin en urgence.

Causes et facteurs de risque
Origines bactériennes
Escherichia coli est la bactérie la plus fréquemment impliquée dans les infections urinaires masculines. Présente naturellement dans l’intestin, elle peut migrer vers l’appareil urinaire en cas d’hygiène insuffisante, après des rapports sexuels non protégés ou à la suite de gestes médicaux invasifs tels qu’un sondage urinaire. Le microbiote urinaire joue ici un rôle essentiel : tout déséquilibre favorise la prolifération bactérienne.
Causes anatomiques et physiologiques
L’obstruction de l’écoulement urinaire est un facteur majeur. Certaines conditions anatomiques ou physiologiques prédisposent l’homme aux infections urinaires en empêchant une vidange efficace de la vessie, ce qui favorise la stagnation des urines et donc l’infection.
L’hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente après 50 ans, comprime l’urètre et provoque une vidange incomplète de la vessie. Cette stagnation urinaire constitue un environnement idéal pour la prolifération bactérienne.
Le rétrécissement de l’urètre, ou sténose urétrale, ainsi que la présence de calculs urinaires peuvent aussi favoriser ces infections en ralentissant ou en bloquant l’écoulement de l’urine.
Comportements et facteurs de risque
Plusieurs comportements et conditions de santé augmentent le risque d’infections urinaires chez l’homme :
- Mauvaise hydratation : ne pas boire suffisamment réduit le volume d’urine produit, limitant son effet de nettoyant naturel des voies urinaires.
- Rapports sexuels non protégés : augmentent le risque de transmission d’infections sexuellement transmissibles (IST) pouvant causer des urétrites.
- Mauvaise hygiène intime : favorise la migration bactérienne depuis les zones anales vers l’urètre.
- Diabète : perturbe la fonction immunitaire et augmente la concentration de glucose dans l’urine, favorisant la croissance bactérienne.
- Utilisation prolongée de sondes urinaires : introduit directement des bactéries dans la vessie, augmentant significativement le risque d’infection.
Diagnostic et examens médicaux
Examen clinique et interrogatoire médical
Lors d’une consultation, le médecin réalise un interrogatoire détaillé (antécédents, contexte d’apparition, symptômes urinaires) pour confirmer l’infection urinaire. Dans le cas où la cause suspectée est l’HBP, l’interrogatoire est suivi d’un examen clinique incluant un toucher rectal pour évaluer la taille et la sensibilité de la prostate.
L’analyse d’urine ou ECBU (examen cytobactériologique des urines) est ensuite indispensable pour identifier la bactérie responsable et orienter le traitement antibiotique.
En cas de récidive ou d’infection sévère, des examens supplémentaires peuvent être nécessaire pour identifier précisément les causes sous-jacentes :
- Échographie prostatique pour évaluer l’état de la prostate
- Scanner abdomino-pelvien si l’infection ne régresse pas
- Débitmétrie urinaire pour étudier l’efficacité de la miction
Il faut déjà s’assurer que c’est une infection urinaire avant de passer au toucher rectal (si la cause suspectée est une HBP)
c’est d’ailleurs dit plus bas
Traitement des infections urinaires masculines
Le traitement antibiotique repose sur les résultats de l’ECBU. On prescrit souvent des fluoroquinolones ou des céphalosporines pour une durée adaptée (souvent 7 à 14 jours selon la localisation). Il est essentiel de respecter la durée du traitement, même si les symptômes disparaissent rapidement.
En cas de prostatite, il faudra compter 3 à 4 semaines de traitement pour être sûr d’obtenir un résultat efficace car les antibiotiques ont du mal à atteindre la prostate.
Il est possible que l’antibiotique seul ne suffise pas. Si l’origine de l’infection est liée à une HBP ou à un rétrécissement urétral, il faut envisager un traitement urologique. Cela permet de prévenir les récidives et d’améliorer la qualité de vie.
En prévention ou alternative, certains produits naturels, validés cliniquement, peuvent être envisagés : D-mannose, extraits de canneberge, probiotiques ciblés, pourront agir sur l’infection en elle-même et participer à rétablir le microbiote urinaire. D’autres actifs peuvent être utilisés pour agir directement sur la prostate : saw palmetto (palmier nain), ortie, pépins de courge… sont reconnus scientifiquement pour leur capacité à réduire les symptômes liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (envies fréquentes d’uriner).
Prévention des récidives et hygiène de vie
Adopter une bonne hygiène urinaire réduit significativement les risques : boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour, uriner après chaque rapport sexuel, maintenir une hygiène intime quotidienne sans excès et ne pas se retenir trop longtemps d’uriner permettent de limiter la prolifération des bactéries et la stagnation de l’urine.
Un suivi médical régulier est également essentiel pour les profils à risque (+50 ans, maladies chroniques), avec notamment des analyses urinaires de contrôle (ECBU) et des bilans approfondis en cas de récidives fréquentes.
Cas particuliers
Chez les personnes âgées, les symptômes sont parfois discrets : confusion, chutes, fatigue inexpliquée. Les porteurs de sonde urinaire ont un risque accru d’infection chronique. Un suivi urologique personnalisé est alors indispensable.
Questions fréquentes
Une infection urinaire peut-elle partir sans traitement ?
Non. Chez l’homme, elle nécessite toujours un traitement médical pour éviter les complications.
Est-elle contagieuse ?
Certaines urétrites, notamment d’origine sexuelle, le sont. La cystite ne l’est pas.
Quelle est la durée moyenne d’un traitement ?
Entre 7 et 14 jours, selon le type d’infection et les résultats de l’ECBU.
L’infection peut-elle revenir souvent ?
Oui, si la cause initiale n’est pas traitée.
Faut-il faire des analyses même après traitement ?
Oui, un ECBU de contrôle est souvent recommandé pour confirmer la guérison.
Quel lien avec la prostate ?
La prostate est souvent impliquée. Elle peut être infectée ou obstruer l’écoulement urinaire.

