Jambes lourdes, la faute à une mauvaise circulation sanguine veineuse

Jambes lourdes et insuffisance veineuse : comprendre pour mieux soulager

Les jambes lourdes sont liées à une insuffisance veineuse. Près de 15 millions de Français en souffrent, surtout des femmes, mais pas seulement. À quoi sont-elles dues et comment peuvent-elles être évitées ? Zoom sur les gestes à adopter pour retrouver des jambes légères.

À quoi reconnait-on les jambes lourdes ?

Les jambes lourdes se reconnaissent facilement* : 

  1. Sensation de pesanteur, de lourdeur dans les jambes.
  2. Chevilles et jambes gonflées, surtout en fin de journée, lorsqu’il fait chaud et après être resté longtemps debout ou en position assise. 
  3. Crampes pendant la nuit. 
  4. Fourmillements, picotements, démangeaisons dans les jambes.
  5. Rougeur et douleur soudaine au niveau d’une veine. 

Que se passe-t-il ?

Les jambes lourdes sont liées à une mauvaise circulation sanguine et plus précisément à un mauvais retour veineux. Lorsque le sang oxygéné descend dans les jambes, il doit ensuite remonter vers le cœur et donc affronter la pesanteur. Pour faciliter ce retour, les veines disposent de valvules, sortes de clapets anti-retour. Ils peuvent se fragiliser et ne plus remplir correctement leur rôle. Les veines peuvent aussi perdre en élasticité et en tonicité. Résultat, le sang stagne, donnant cette impression de lourdeur dans les jambes. On parle de stase veineuse.

Les jambes lourdes : à ne pas prendre à la légère !

Au début les symptômes sont légers, mais ils s’intensifient progressivement avec le temps. En l’absence de prise en charge, les jambes lourdes peuvent entrainer des complications sérieuses, à commencer par des varices, conséquence la plus connue, mais aussi des ulcères, de l’eczéma ou encore des phlébites (ou thrombose veineuse profonde : formation d’un caillot de sang dans une veine, qui s’il se détache peut provoquer une embolie pulmonaire par obstruction d’un vaisseau dans les poumons). Par ailleurs à chaque étape, les jambes lourdes ont des répercussions sur la qualité de vie. 

Les causes de l’insuffisance veineuse

  • La génétique : on estime que le risque est multiplié par deux quand l’un des parents est atteint et par trois lorsque père et mère ont des problèmes de jambes lourdes.
  • Le surpoids : un taux de cholestérol élevé fragilise les vaisseaux sanguins.
  • Le manque d’exercice physique : la contraction des muscles des jambes facilite la remontée du sang vers le cœur. Ne serait-ce qu’à la marche, à chaque pas les muscles du mollet compriment les veines, jouant un véritable rôle de pompe veineuse et propulsant le sang vers le haut. Sans effort physique, les veines perdent en tonicité et le sang peine de plus en plus à remonter.
  • Le tabagisme : il diminue la tonicité des veines et augmente le risque de phlébite.

Il existe des facteurs favorisants, notamment l’âge, qui entraine le vieillissement des veines, la grossesse (compression des veines abdominales et augmentation du volume sanguin) et le sexe féminin. Une femme sur deux est touchée contre un homme sur quatre en raison des modifications hormonales (puberté, pilule, grossesse, ménopause) qui agissent sur les parois veineuses.

 Prendre soin de ses jambes : les bons réflexes à adopter au quotidien

  • Ne restez jamais longtemps assis : levez-vous régulièrement et faites marcher vos jambes. Vous activerez ainsi la circulation sanguine et favorisez le retour veineux. 
  • Perdez cette habitude de croiser les jambes, ce n’est pas bon pour les veines situées sous les genoux ! 
  • Évitez les vêtements serrés au niveau de la taille, des jambes et des pieds. 
  • Optez pour des chaussures confortables : évitez les bottes qui enserrent le bas des jambes, les talons très hauts, mais aussi les talons trop plats. 
  • Surélevez le plus souvent vos jambes : au lit, au travail, en regardant la télé… 
  • Fuyez la chaleur : exposition au soleil, hammam, bains chauds… La chaleur dilate les veines, tandis que la fraîcheur exerce un effet vasoconstricteur.

Mesdames, évitez les épilations à la cire chaude qui ne sont pas bonnes pour votre circulation. Au contraire, gardez vos jambes au frais : jet d’eau froide sous al douche, baignade dans des eaux tempérées.

  • Surveillez votre alimentation : misez sur les antioxydants (vitamines C avec les fruits et légumes, vitamine E présente dans les fruits secs et les huiles) qui renforcent les parois des capillaires et les acides gras oméga 3 (huile de colza, poisson) aux propriétés fluidifiantes. Sachez par ailleurs que certaines plantes ont un effet bénéfique sur la tonicité des veines et la circulation sanguine (vigne rouge, hamamélis, pépins de raisin, ginkgo biloba, piloselle…).
  • Au quotidien, aidez vos jambes à lutter contre la rétention d’eau, leur ennemi n°1 : pour cela, usez et abusez des aliments riches en flavonoïdes (kiwi, raisin, poivron). Évitez le sel, l’eau gazeuse et les plats tout prêts en général, souvent trop salés.
  • N’hésitez pas à porter des bas de contention si vous devez rester longtemps en position debout ou assise et particulièrement si vous devez prendre l’avion.
  • Quotidiennement, massez vos jambes (toujours du bas vers le haut, des chevilles vers les genoux) et faites quelques exercices favorisant le retour veineux, comme des mouvements de pédalage allongé sur dos. 
  • Parlez-en à votre médecin. Il pourra vous proposer des traitements adaptés et des conseils personnalisés. 

Le sport peut-il aider ?

L’activité physique est un allié de choix pour affiner sa silhouette, améliorer la circulation et alléger ses jambes. Elle permet de compenser la dilatation des veines par une tonification musculaire.

L’idéal reste la marche à pied, l’aquagym, le Pilate, le vélo et le stretching, à raison de 3 fois par semaine (séances de 45 minutes). Ces activités présentent l’avantage de convenir parfaitement aux femmes actives ou qui ne sont pas sportives. Elles font surtout travailler les jambes et le bassin.

Si vous faites des sports assez violents avec des à-coups, tels que le tennis, l’aérobic, le roller ou l’équitation, veillez à ne pas en faire plus de deux heures par semaine.

 

* Société française de phlébologie, https://www.sf-phlebologie.org/.