Lisser sa glycémie pour contrôler son appétit

Dompter sa glycémie pour mieux contrôler son appétit

Pourquoi apprendre à bien gérer sa glycémie ? On pense tout de suite au diabète, et à juste titre. En effet, dans le cadre du diabète de type 2, l’hormone insuline remplit mal son rôle, qui est de diminuer le taux de sucre dans le sang afin de réguler la glycémie. Voilà donc une excellente raison de contrôler sa consommation de sucre. Mais pas seulement, car en dehors de tout diabète, dompter sa glycémie permet de mieux contrôler son appétit !

 

Le diabète : quand la glycémie est hors contrôle

Après chaque prise alimentaire, et d’autant qu’elle est riche en sucres « simples », du glucose est déversé dans la circulation sanguine, faisant monter le taux de glucose sanguin ou glycémie. Le pancréas libère alors de l’insuline, hormone dont le rôle est de faire diminuer le taux de glucose sanguin, celui-ci étant dirigé vers les cellules qui l’utilisent immédiatement comme source d’énergie ou stocké sous forme de glycogène dans les muscles et le foie.

Sans l’intervention de l’insuline, le glucose sanguin resterait dans la circulation sanguine, entrainant une hyperglycémie. C’est ce qui se passe en cas de diabète de type 2, l’insuline étant produite en quantité trop faible ou insuffisamment efficace.

Or à la longue, les hyperglycémies endommagent les vaisseaux sanguins et provoquent des phénomènes inflammatoires délétères pour nos cellules et nos différents organes. C’est pourquoi les diabètes de type 2 doivent gérer leur consommation de sucre pour limiter au maximum les grandes élévations de leur glycémie.

Inversement, il faut savoir que la « vraie » crise d’hypoglycémie, inférieure à 0.70 g/l, est aussi néfaste et constitue une urgence vitale imposant un resucrage immédiat.

En bref, le maintien d’une glycémie bien lissée, ni trop élevée ni trop basse, est essentielle.

En dehors de tout diabète, cette consigne est également valable pour mieux gérer votre appétit.

 

L’hypoglycémie réactionnelle augmente l’appétit

Si vous n’êtes pas diabétique, votre insuline fonctionne donc parfaitement bien. Imaginez que vous ayez l’idée de bâcler votre petit-déjeuner. Forcément, une fringale irrépressible s’empare de vous en milieu de matinée, signe que vous commencez à être en hypoglycémie (rassurez-vous, sans commune mesure avec la dangereuse crise hypoglycémique décrite ci-dessus). Votre cerveau vous pousse jusqu’au distributeur pour y choisir un truc bien sucré afin de calmer votre appétit débordant : bonbons, gâteaux, biscuits, barres…

Résultat, votre glycémie monte en flèche, ce qui déclenche immédiatement une formidable sécrétion d’insuline, beaucoup trop même, et votre glycémie retombe aussi sec : c’est l’hypoglycémie réactionnelle. Ainsi dès midi, votre glycémie continuant à baisser, vous avez faim à nouveau. Affamé(e), vous faites des choix regrettables : les frites au lieu des haricots verts, la viande en sauce au lieu du poisson poché et la pâtisserie au lieu de la salade de fruits. Ce même schéma se reproduit à l’heure du gouter et du diner…

 

Glycémie et appétit : que retenir ?

  • Les grignotages sucrés entre les repas sont à proscrire, car ils entrainent des successions de pics d’insuline et d’hypoglycémies réactionnelles qui rendent votre appétit incontrôlable.
  • Veillez à ne pas faire d’excès sucrés et mangez vos produits sucrés au cours des repas.

Sachez que plus l’index glycémique d’un aliment est élevé, plus il augmente fortement et rapidement la glycémie. Mais sachez également que de nombreux facteurs diminuent la valeur de cet indice. C’est ainsi que l’index glycémique d’un dessert est moindre lorsqu’il est consommé en même temps que d’autres aliments, alors qu’il est catastrophique à jeun au goûter.

 

Source : Rogers PJ et al., Uncoupling sweet taste and calories: comparison of the effects of glucose and three intense sweeteners on hunger and food intake, Physiol Behav., 43 (5): 547-52, 1988, DOI:10.1016/0031-9384(88)90207-7.

 

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